Ulex parviflorus

qui s’y frotte s’y pique

Petit arbrisseau bien connu de nos garrigues ainsi que des maquis, l’ajonc de Provence est en boutons à la Friche. Avec l’amandier, il entretient l’espoir du printemps par une floraison très précoce, généreuse et doucement parfumée. Pourtant, qui s’est approché de trop près a appris à se méfier de ses attraits comme du chant des sirènes. 

Il est en effet densément couvert d’épines acérées, pouvant atteindre 3cm de long, notamment la terminale (celle qui se trouve en bout de rameau). Gare aux égratignures! Plusieurs ajoncs peuvent former un ensemble complètement infranchissable pour les promeneurs·es.

Mais à l’échelle de l’évolution des espèces, c’est des herbivores sauvages et domestiques que ces piquants protègent l’ajonc. Même les caprins, principaux – et redoutables -« pâtureurs » des collines provençales, se tiennent à distance. Aussi, Ulex parviflorus était traditionnellement utilisé dans les haies défensives pour les enclos à bétail, tout comme son proche cousin Ulex europaeus, que l’on trouve beaucoup dans les terrains pauvres et très siliceux, en association avec des bruyères, dans les Landes, dans le Massif Central, en Bretagne… D’ailleurs, il partagent souvent la même appellation vernaculaire de genêt épineux, ce qui n’est pas pour simplifier la tâche au naturaliste débutant, d’autant qu’il faut également compter avec Genista scorpius, le genêt épineux « officiel »…

ajonc de provence

 

Il faut dire qu’ajoncs et genêts, qui appartiennent à la même grande famille des Fabacées, ont en commun des traits caractéristiques très remarquables : dans tous les cas il s’agit d’arbrisseaux à fleurs papilionacées jaunes et odorantes, dépourvus de feuilles ou presque, mais aux tiges bien vertes car elles assurent les fonctions photosynthétiques.

fleur papiloinacée
Description de la corolle papilionacée: 5 pétales à la morphologie bien distincte, organisés selon une symétrie axiale

Nous reviendrons probablement à un moment ou à un autre sur les Fabacées car elles comptent parmi leurs rangs de nombreuses plantes pionnières, typiques des premiers stades de la dynamique de friche. On trouve d’ailleurs d’autres fabacées à la belle friche des quais, de la strate herbacée (vesces, trèfles) à la strate arborée (féviers d’Amérique, arbres de judée). Dans la strate arbustive, Ulex parviflorus est accompagné de Spartium junceum, très souvent nommé – à tord – genêt d’Espagne, qui fleurit plus tard et n’a pas d’épines.

En ce moment, les boutons commencent à s’épanouir. Bientôt les fleurs dégageront leur odeur de noix de coco, ou d’amande selon les sensibilités olfactives de chacun·e. Ensuite elles laisseront place à des fruits secs, de petites gousses ovoïdes, qui éclateront peut-être par temps sec, projetant leurs graines un peu plus loin. Mais la dissémination sera majoritairement assurée par les fourmis. On parle de myrmécochorie.

 

P1050719
Place des quais, 28 février 2018

 

 

 

 

3 réflexions sur « Ulex parviflorus »

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