Sambucus nigra

une profusion gourmande

Comme son nom ne l’indique pas, c’est pour sa généreuse floraison blanc-crème que le sureau noir est remarquable en ce moment. Il illumine au printemps le paysage des friches, des haies champêtres, des lisières forestières et parfois des jardins. Place des quais, ils sont encore de taille modeste mais portent déjà quelques fleurs : ouvrez vos yeux autant que vos narines et flairez la piste sucrée…

Le sureau est un pionnier, fidèle des friches et des ruines. Téméraire, il est souvent parmi les premiers arbustes à s’y installer: il se présente d’abord sous la forme d’un buisson mais sa silhouette émerge rapidement de la strate herbacée et des ronciers. Il peut atteindre ensuite jusqu’à 8m de haut. On le trouve partout en France (à l’exception des régions montagneuses), jusqu’en Corse, tant il s’adapte à de nombreuses situations.

Moins répandu, son frère rouge, Sambucus racemosa, est surtout présent en montagne et dans le nord-est de la France. À un stade encore jeune, on peut confondre Sambucus nigra et Sambucus ebulus. Ce dernier est une herbacée annuelle, légèrement toxique. Si leurs fleurs et baies sont similaires, les folioles d’ebulus sont plus allongées et plus nombreuses que celles de son grand frère ligneux. À vos lunettes !

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Sambucus nigra présente une feuille composée (comme pour la vesce) de 5 à 7 folioles d’assez grande taille, ovales à lancéolées. L’ensemble peut mesurer jusqu’à 20cm de long.

Le nom d’espèce nigra, se réfère à ses fruits, des drupes globuleuses noires tandis que son nom de genre, Sambucus, viendrait du grec « sambuké », une sorte de flûte, faite de ses rameaux creux, faciles à vider de leur moëlle. Outre le registre musical rustique, le sureau s’illustre par son utilité dans de nombreux domaines, même scientifique : sa moëlle sert à maintenir les échantillons biologiques des coupes microscopiques.

Ses fleurs, disposées en corymbe (grappe dont les fleurs arrivent toutes au même niveau), sont riches en nectar, dont les abeilles, les coléoptères et autres pollinisateurs se régalent. Sans doute alléché par leur odeur gourmande, l’homme leur a trouvé des vocations culinaires. On peut en faire des beignets (comme des fleurs de robinier faux accacia, ou plus couramment de courgettes), des gelées, des sorbets ou les parsemer sur une salade de fruits rouges. Mais l’usage le plus répandu consiste à préparer des boissons parfumées, avec les fleurs : vins, liqueurs, limonades, sirops… En Suède, le Fläderblomssaft, sirop de fleurs de sureaux, au goût fleuri et légèrement acidulé, est très populaire.

inflo
Le corymbe est une grappe dont les fleurs arrivent toutes au même niveau. Toutefois, leurs pédoncules (en noir) sont accrochées à la tige (en rouge) en différents points tandis que pour l’ombelle, les pédoncules floraux sont tous réunis au même point.

Plus tard en saison, les fruits juteux à maturité peuvent à leur tour être transformés en confiture, en gelée, ou en liqueur. Mais ils font surtout le délice de nombreux oiseaux qui s’en délectent et dispersent, après digestions, les graines prêtes à germer. Le sureau, comme toutes les espèces dont la dispersion est assurée par les oiseaux, est dit ornitochore. (sur ce blog, nous vous avons déjà parlé d’un autre mode de dispersion, la myrmécochorie, à propos de l’ajonc.)

Enfin, le sureau est l’hôte d’une trentaine d’espèces d’insectes, parmi lesquels, notamment, les chenilles de papillons nocturnes comme le Sphinx du Troëne ou la Phalène du sureau.

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