Faire avec l’épine

Tisser et tresser de la ronce

Audrey Marco est écologue. Elle a participé à la conception de la place des quais et suit depuis le début l’évolution de la friche paysagée. Elle a déjà écrit un billet au sujet du frichage, une manière de jardiner la friche, qu’elle a pu pratiquer avec nous lors d’une matinée de juin. Ensemble, nous avons tressé et tissé les ronces. Elle nous en parle ci-après.

Les ronces entourant les îlots se sont largement déployées durant ces semaines de confinement, prenant leurs aises au-delà des ganivelles… Les longs sarments débordent des clôtures sous forme d’arceaux violacés et colonisent amplement les abords des îlots. Qui s’y frottent, s’y piquent ! Les aiguillons répartis le long des tiges et les feuilles épineuses s’agrippent à la moindre surface qui se présentent à eux. Comment conduire cette vigueur juste à côté des bancs de la Place des Quais ?

Depuis quelques printemps, nos fricheurs expérimentent la création d’une clôture végétale naturelle pour contenir le foisonnement de la belle friche des Quais. Très jeunes, les sarments de ronce sont souples, ils se courbent facilement. Ils constituent des sortes de « fils » végétaux qui sont minutieusement entrelacés entre les lattes de bois des ganivelles. Resserrés à la main, ils forment progressivement une solide trame végétale. Les quelques « fils » rebelles qui osent jaillirent de ce tissu végétal sont coupés à l’aide d’un sécateur. Dès lors le frichage devient tissage…

Ronce 3-avril 2019
en Avril 2019

Au-dessus de la clôture végétale, les sarments volubiles se rencontrent, se croisent, passent l’un sur l’autre, s’emmêlent spontanément…Les fricheurs s’inscrivent alors dans mouvement végétal en poursuivant l’entrelacement des sarments. Ils profitent des courbures naturelles pour former des arcades végétales rigides qui soutiendront au cours du temps les autres débordements de la belle friche des Quais.  Le frichage devient tressage…

Ronce 7-avril 2019b
En avril 2019
Ronce fleur-juin2020
En juin 2020

Tisser et tresser la ronce c’est donc composer avec la souplesse de ses sarments, avec sa réaction à la torsion, et ruser avec son piquant. C’est finalement apprivoiser la croissance de cette matière végétale vivante. La ronce est belle derrière les bancs ! Il est donc possible dès à présent de contempler ses premières inflorescences de couleur rosée. Pourra-t-on enfin cueillir les premières mûres de la friche des Quais cette année ? Soyons patients, laissons la ronce à l’œuvre du temps…

 

Audrey Marco

juin 2020

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